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  • Catalyseur de croissance
  • Apports excessifs de phosphore
  • Sources de phosphore

Toujours remis en circulation

La source première du phosphore est la roche mère (constituante première des sols). À mesure que cette roche se désagrège, le phosphore est disponible.

Comme l'azote, le phosphore est essentiel à la vie.
Le phosphore, un catalyseur de croissance, est continuellement remis en circulation. Aussi les excréments humains et les déjections animales en contiennent, et l'urine en particulier. 

En Estrie, le rapport azote/phosphore est exceptionnellement élevé. Alors qu'il s'élève à 16/1 en moyenne, il est de 81/1 dans notre région. Comme l'azote (nutriment) est très abondant, la moindre variation du taux de phosphore (catalyseur de croissance) a un impact immédiat.

Les cyanobactéries : des sentinelles

Très sensibles au phosphore, les cyanobactéries signalent instantanément sa présence en excès.
Sentinelles de nos lacs, elles ont forcé notre attention !

Parois rocheuse sur le lac

Trop de phosphore

Le lac Trousers n'en peut plus.

Les interventions humaines libèrent de grandes quantités de phosphore.

Si le lac Trousers en reçoit tant, c'est qu'il draine les eaux d'un bassin versant qui s'étend sur 120 km2.

Avant de montrer des signes d'épuisement, un lac peut tolérer une charge supplémentaire de phosphore s'élevant à 50 % de sa charge naturelle, selon le MDDEP*.
Le biologiste Richard Carignan parle de 10 % !

En 2010, des biologistes ont établi à 975 kg la quantité de phosphore émise naturellement chaque année par le bassin versant du lac Trousers.

Pour le lac Trousers, cela donne une charge tolérable de :

  • 975 kg + 50 % (488 kg) = 1463 kg (selon le MDDEP)
  • 975 kg + 10 % (97 kg) = 1072 kg (selon le Dr Carignan)

Or, le lac reçoit plus de 2100 kg de phosphore par année. Le seuil critique est donc largement dépassé ! Voilà pourquoi notre lac est fragile aujourd'hui.

* Ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs (MDDEP).

carte du bassin versant du lac Trousers

Mauvaise nouvelle !

Les 16 % du territoire consacrés aux activités humaines apportent au lac 55 % du phosphore qu'il reçoit chaque année.

Tout le reste du territoire (forêt, milieux humides, etc.), soit 84 % du bassin versant, n'en produit que 45 %.

  • Apports anthropiques : eaux usées 30 %, érosion 25 %
  • Apports naturels 45 %

Ensemble, les apports humains et naturels (100 %) dépassent les 2100 kg par an.

Bonne nouvelle !

De tous les éléments qui font vieillir prématurément les lacs, le phosphore est le plus facile à contrôler.

  • Le phosphore n'a pas de forme gazeuse ;
  • On peut le mesurer ;
  • On en connaît les sources.

Donc on peut intervenir !

occupation du territoire dessin d'un bassin versant